Pourquoi Marguerite CHEREAU, épouse de Maurice ABELINE est la fille de Clément et Nicole BRICARD ?

Lors de son mariage le 3 juillet 1708 à Bouzillé (49) avec Maurice ABELINE, Marguerite CHEREAU est assistée de Clément CHEREAU de Liré (49) son père et Jean PELLETIER son frère.

A sa sépulture le 26 avril 1742 elle est veuve de Maurice ABELINE et âgée d’environ 60 ans ce qui impliquerait une naissance vers 1682.

Un frère dénommé Jean PELLETIER indiquerait que sa mère se serait mariée au moins deux fois : avec Clément CHEREAU d’une part et M. PELLETIER (père de Jean) d’autre part. Les registres démontrent une alternative bien moins évidente sur laquelle je reviendrai.

Sur la piste du père

Clément CHEREAU porte une identité relativement traçable. Son patronyme peut néanmoins être confondu avec CHEVEAU. On trouve à Saint-Géréon (44) sur la rive opposée de la Loire face à Liré, un Clément CHEREAU marié successivement à Jeanne BLANCHET (⚭ 17/11/1664), Estiennette DURANDIÈRE (⚭ 18/09/1668) et Nicole BRICARD (⚭ 15/01/1674) toujours à Saint-Géréon. Il est le père de 8 enfants baptisés à Saint-Géréon de 1666 à 1684 puis de 4 autres à Couffé, paroisse voisine, de 1684 à 1688 et enfin d’une dernière fille en 1696 à Saint-Géréon.

de Saint-Géréon à Couffé, la postérité de Clément et Nicole

Après la naissance de Clément, Marie et Perrine à Saint-Géréon tous enfants de Clément et Nicole, le passage de Saint-Géréon à Couffé vaut l’ajout d’un H au patronyme de Nicole qui devient BRICHARD au lieu de BRICARD. Cette modification orthographique n’est pas le plus singulier. Nicole donne naissance à Julien CHEREAU le 19 février 1684 à la Dorée de Couffé tandis que son jumeau, Clément, arrive le lendemain 20 février. Le premier est baptisé à Couffé, le second à Saint-Géréon où le père est dit « non présent ». Qu’a-t-il bien pu se passer dans la nuit du 19 au 20 février 1684 ? Le hameau de la Dorée est à mi-chemin entre les bourgs de Couffé et de Saint-Géréon. Julien était-il en péril de mort pour être baptisé précipitamment, là où un curé pouvait l’accueillir avec ses parents ? On aurait alors pris le temps d’amener Clément sur les fonds baptismaux de la paroisse de domiciliation précédente tandis que Julien retenais toute l’attention. Le malheureux ne survécut pas plus de 9 jours.

L’année suivante, Clément et Nicole demeurant toujours à la Dorée de Couffé ont une fille, Marguerite. Nous sommes en décembre 1685 soit 3 ans d’écart avec l’année de naissance supposée de Marguerite CHEREAU femme de Maurice ABELINE et qu’on aurait donc légèrement vieillie à son décès. S’en suivent (à nouveau) des jumelles, Anne et Françoise, en 1688 puis la petite Jeanne en 1696.

Un témoin aux trousses de Marguerite

Parmi les enfants CHEREAU parvenus en âge de le vivre on trouve quelques mariages notamment celui de la petite Jeanne avec Julien LEMOINE, le 28 juillet 1733 à Saint-Herblon (44). Parmi les témoins, il y a entre autres Jacques ABELINNE et Jean POTTIER. Or il existe une union entre un Jean POTTIER et une Perrine CHEREAU, veuve de Jacques OGER, le 16 novembre 1706 également à Saint-Herblon. Ce mariage ne donne pas les parents de Perrine. Néanmoins, au baptême de sa fille Michelle, fruit de sa précédente union avec Jacques OGER, la marraine est Michelle CHEREAU « non mariée ». Ce baptême se tient le 29 avril 1700 à Saint-Géréon ! Or Clément CHEREAU a bien une fille Michelle, baptisée à Saint-Géréon en 1673, issue de son union avec Estiennette DURANDIÈRE et qui ne se mariera qu’en 1702.

CHEREAU Clément b. 09/04/1643 Saint-Géréon (44) + 12/07/1711 Ancenis (44)
x 17/11/1664 Saint-Géréon (44)
x BLANCHET Janne ° Saint-Géréon (44) (+) 06/06/1667 Saint-Géréon (44)
|___CHEREAU Périne b. 11/01/1666 Saint-Géréon (44)
|___CHEREAU Jan b. 27/03/1667 Saint-Géréon (44) (+) 29/11/1685 Couffé (44)
x 18/09/1668 Saint-Géréon (44)
x DURANDIÈRE Estiennette ° Ancenis (44) (+) 15/09/1673 Saint-Géréon (44)
|___CHEREAU Anne b. 06/11/1669 Saint-Géréon (44)
|___CHEREAU Michelle b. 22/08/1673 Saint-Géréon (44)
|___ x 14/11/1702 Saint-Géréon (44)
|___x BOURGET René
x 15/01/1674 Saint-Géréon (44)
x BRICARD Nicolle ° 1655/1657 + 27/12/1703 Saint-Géréon (44)
|___CHEREAU Clément b. 17/11/1674 Saint-Géréon (44)
|___CHEREAU Marie b. 12/05/1677 Saint-Géréon (44) (+) 30/05/1677 Saint-Géréon (44)
|___CHEREAU Perrine b. 03/12/1678 Saint-Géréon (44) + 08/12/1742 Anetz (44)
|___x OGER Jacques + < ../../1700
|___|___OGER Michelle ° 28/04/1700 Saint-Géréon (44)
|___ x 16/11/1706 Saint-Herblon (44)
|___x POTIER Jean ° 1673/1675 (+) 16/10/1750 Saint-Herblon (44)
|___CHEREAU Jullien ° 19/02/1684 Couffé (44) (+) 28/02/1684 Couffé (44)
|___CHEREAU Clément ° 20/02/1684 Saint-Géréon (44)
|___CHEREAU Margueritte ° 20/12/1685 Couffé (44) (+) 26/04/1742 Bouzillé (49)
|___ x 03/07/1708 Bouzillé (49)
|___x ABELINE Maurice, N° 2004 b. 14/04/1675 Bouzillé (49) (+) 02/02/1726 Bouzillé (49)
|___CHEREAU Françoise ° 13/03/1688 Couffé (44)
|___CHEREAU Anne ° 13/03/1688 Couffé (44)
|___CHEREAU Jeanne ° 06/09/1696 Saint-Géréon (44) + < ../../1750
|___ x 28/07/1733 Saint-Herblon (44)
|___x LEMOINE Julien + < ../../1743
|___ x 17/09/1743 Saint-Herblon (44)
|___x GUITARD Sébastien ° 1674/1676 (+) 08/04/1750 Saint-Herblon (44)

 

Je vous la fais à rebours : Michelle fille de Clément CHEREAU et Estiennette DURANDIÈRE est marraine de sa nièce (ou demi-nièce plus exactement), Michelle OGER, fille de Jacques et Perrine CHEREAU, laquelle Perrine épouse en seconde noce Jean POTTIER qui est lui même témoins au mariage de la petite Jeanne CHEREAU (fille de Clément et Nicole BRICARD) avec Julien LEMOINE. Marguerite et Jeanne CHEREAU sont sœurs germaines (du même couple parental) et donc demi-sœurs de Perrine. Le duo de témoins Jacques ABELINNE et Jean POTTIER (présent au mariage de la petite Jeanne CHEREAU avec Julien LEMOINE) est la clé de l’énigme. Si on situe mal Jacques ABELINNE par rapport à Maurice ABELINE époux de Marguerite CHEREAU, il existe une quasi homographie entre Jean POTTIER et Jean PELLETIER (ou Jean PELTIER) qui, je le rappelle, est dit « frère » de l’épouse au mariage de Maurice ABELINE avec Marguerite CHEREAU. Il s’agirait en fait du beau-frère de l’épouse ce qui permet donc de confondre les deux Marguerite en une seule et même personne fille de Clément CHEREAU et Nicole BRICARD.

La démonstration étant contestable, avancez vos arguments dans les commentaires ci-dessous.

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